la ville
waouh, y'a beaucoup de monde !
mais qui suis-je, au milieu de la foule ? qui suis-je, parmi tant d'inconnus ? je marche, je découvre la ville, et ces habitants. Je regarde droit dans les yeux, toujours. Je n'ai rien à cacher, moi.
Mais à présent, j'ai peur.
Trahison.
Méfiance.
La ville s'anime, le monde bouge, le soleil se lève... qu'importe. Je doute. Comment savoir si une personne nous fera du mal ? Peut-on réellement connaître quelqu'un ? Dans la ville, j'avance.
J'observe les passants, toutes sortes de passants. La pouf de devant est à coup sûr une faux-cul accro au lifting, l'autre là-bas sous ses allures de sainte ne serait-elle pas une cruelle salope ? Et ceux-là, ils puent l'égoïsme à 3km à la ronde, non? C'est dingue.
J'ouvre les yeux, enfin. Le monde n'ai pas comme je l'imaginais.
Je continue, toujours tout droit. Tut!!!!!!! presque écrasée par une audi conduite par un aggressif, je cours. Vite, de plus en plus vite.
Ca y est, il fait nuit. Les lampadaires s'allument. Je ralentie, sans jamais m'arreter, j'avance. Les gens sont encore là. Je regarde leurs visages, en m'attardant un peu plus. Les sillouettes se changent en ombres.
Et puis, un sourire. Pourquoi ? Pourquoi m'a-t-il souri ? Je ne le connais pas. Mais lui aussi, regarde droit dans les yeux. Un regard complice. Le monde aurait-il épargné plus de 4 personnes ? La cruauté ne serait-elle finalement pas universelle ? Y aurait -il quelques marginaux prêts à être honnêtes ?
Je ralentis, lui aussi. Je ne bouge plus, lui non plus. On se regarde, droit dans les yeux. Plus un bruit, la ville s'endort. On se rapproche. Lentement.
Et puis il disparait, d'un coup. Je me retourne. Plus personne. J'avance, encore.
Je marche, des gens autour de moi regardent leur montre, d'autres semblent préoccupés, certains courent pour attraper un bus, le portable à la main. Tout semble ordinaire.
Aurais-je révé ?
L'espoir est une illusion, une dangereuse illusion